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Sérieux coups de blues à la Scop : conflit et plan social
Une Scop n'échappe ni aux tourments internes, ni à la conjoncture économique. L'entreprise Bourgeois de Faverges fut soumise à l'un et à l'autre ces cinq dernières années avec un important conflit en 2006 et la mise en place d'un plan social en 2008. Une période difficile qui a marqué l'histoire de la Scop.
« Le conflit de 2006 fut assez dur, » reconnait Guy Babolat, l'actuel Président Directeur Général. Entre le créateur de la Scop, ancien syndicaliste, et Pdg à l'époque, d'une part, et les syndicats et une partie du personnel, d'autre part, plus rien n'allait. Trop d'autoritarisme, un management inadapté avaient entraîné guerre de clans et conflits internes. La légitimité de l'assemblée générale« Dans ce type de situation, une Scop n'empêche rien, note Guy Babolat. Bien au contraire, le coté affrontement fait partie du système, du jeu démocratique de la coopérative. Mais à un moment donné, il faut savoir régler les problèmes. »
A l'époque, l'actuel Pdg était directeur de l'Union régionale des Scop de la région Rhône-Alples, basé à Lyon. « S'il des questions peuvent se régler de l'extérieur, estime-t-il, il y en a d'autres que l'on ne peut dénouer que de l'intérieur. Nous savions qu'il y avait des désaccords fondamentaux dans l'entreprise. Il fallait que cela se règle ». Voilà l'explication de son arrivée à Faverges. « Quand un fonds de pension est propriétaire, il n'y a pas ce type conflit, souligne Guy Babolat. « Les responsables du fonds de pension imposent une solution. Dans une coopérative, la manière de régler le conflit est différente. Dans ce cas, ce sont les salariés réunis en assemblée générale qui tranchent, ce sont eux qui ont le dernier mot ». Et chez Bourgeois, c'est bien l'assemblée générale qui a dénoué le conflit, en débarquant l'ancien management et en acceptant le nouveau. « La décision de l'assemblée générale, selon Guy Babolat, est déterminante, car c'est elle qui donne la légitimité. Une légitimité qui est essentielle pour la poursuite de l'action, qui a donc intérêt à être la plus large possible ». Selon le Pdg, depuis 2006, il n'y a plus de soucis. En tout cas de ce type. Licenciements : des moments douloureuxCar la Scop Bourgeois, comme de nombreuses autres entreprises a sévèrement subit la crise de 2008. « Nous avons perdu, souligne Guy Babolat, le tiers de notre chiffre d'affaire en 10 semaines. Entre le 15 octobre 2008 et le 15 décembre 2008, nous n'avons pas eu une seule commande. Des licenciements et un plan social sont alors devenus indispensable à la survie de l'entreprise. Il porta sur 30 départs, soit tout de même 30% des effectifs qui sont aujourd'hui de 73 salariés ».
« Un plan social, c'est différent dans une Scop, confie le Pdg, car les rapports entre les gens sont différents. Par certains aspects, c'est la même chose que dans une autre entreprise, car au final des salariés se retrouvent dehors. Les procédures administratives sont les mêmes. Les choix sont faits dans le respect de la loi en déterminant un projet de redressement déterminant les postes mis en cause ». « Ce sont des moments difficiles, des moments douloureux, mais où il y a tout de même de la solidarité qui s'exprime. On est mieux dans nos baskets pour prendre des décisions, car ici, tout le monde sait bien que les licenciements ne sont pas pris dans le but de satisfaire des fonds de pension, mais bien de sauver l'entreprise ». 2008, année terrible fut aussi celle d'un redéploiement stratégique de l'entreprise. (à suivre : promouvoir une politique de développement durable) Jean-Paul BIOLLUZ La Scop Bourgeois, à Faverges, en Haute-Savoie : bientôt 30 ans (Voir aussi)
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