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« Nous devons répondre à un immense besoin de coopératives »
« Nous devons répondre à l'immense besoin de coopératives. De plus en plus d'hommes et de femmes cherchent à entreprendre autrement et collectivement. Nous devons aller à leur rencontre, à la rencontre de tous ceux qui veulent s'investir dans des entreprises comme les nôtres. » Patrick Lenancker, président de la Confédération générale des Scop et Jean-Louis Bancel, président du Crédit coopératif, l'ont affirmé, tour à tour, lundi 1er février au cours d'une soirée réunissant 250 personnes à Paris, première étape d'une mobilisation du mouvement des Scop destinée à se poursuivre dans les mois à venir. Le président de la Confédération générale des Scop et le président du Crédit coopératif, font le même constat. La crise économique et sociale actuelle suscite de fortes interrogations sur la pertinence d'un modèle capitaliste soumis aux impératifs financiers, et qui génère souffrance et mal être au travail pour de nombreux salariés. « L'argent a besoin d'un maître »Contre ce modèle, de plus en plus d'entrepreneurs et de salariés sont en recherche de solutions alternatives qui servent la création de richesses partagées et le bien commun plutôt que la recherche d'un profit confiscatoire et exorbitant. Une économie, aussi, qui soit orientée vers le long terme, qui prenne en compte les nouvelles dimensions écologiques, plutôt que de travailler uniquement sur le court terme. Enfin, un modèle différent dans lequel responsables et salariés puissent s'épanouir professionnellement, s'exprimer, être reconnus et bénéficier du fruit de leur travail. Avec leurs valeurs et leurs pratiques, la participation de tous au capital, aux décisions et le partage des bénéfices, les Scop répondent à ces demandes. Notamment, la démocratie d'entreprise et la démocratie participative, ou chaque salarié a la même voix au chapitre, permet tout à la fois l'épanouissement et l'engagement de tous, faisant de la démocratie un gage de l'efficacité économique. « Si à la bourse, lança ironiquement Jean-Louis Bancel, il y en a qui ont cru que les arbres montaient jusqu'au ciel, le mouvement coopératif, lui, valorise d'abord le travail. Et ,ajouta-t-il, si le développement économique a besoin de finance, la finance doit être au service du développement. L'argent, déclara-t-il, a besoin d'un maître. » Et c'est bien ainsi que les Scop l'entendent. « La démocratie nous réussit »Reste que les Scop, demeurent largement méconnues, souffrant d'une image démodée . C'est à la rénovation de son image que s'est attaqué le mouvement des Scop. Ce rajeunissement passe à travers un changement du sigle. Les Sociétés coopératives ouvrières de production deviennent les Sociétés coopératives et participatives.
Ce glissement prend acte de la modification intervenue dans le mouvement des Scops où, aujourd'hui, sur les 40 000 emplois que rassemblent les 1950 Scops du pays, 25% sont de nature industrielle, 30% viennent du bâtiment et 45% des services. Ce nouveau sigle s'accompagne d'une signature « La Démocratie nous réussit ». Démocratie, coopératives, participatives, dans son affirmation sémantique le mouvement des Scop ne s'éloigne pas de sa tradition, mais tente de donner des couleurs neuves à des valeurs et des principes qui plongent dans l'histoire. Ce changement « historique » qui fait suite aux débats du dernier Congrès des Scops qui s'est déroulé au Futuroscope de Poitiers en mai 2008, a été soumis à l'approbation des coopérateurs au cours d'un « référendum ». 30% des Scop ont participé à cette consultation, et parmi elles 79% ont approuvé la transformation du nom. La force d'un mouvementAvec un nouveau logo, une nouvelle marque, le mouvement des Scop affiche, dans la période, une nouvelle ambition. « Pour se renforcer, pour se développer les Scop, souligna Patrick Lenancker, ont besoin de se sentir adhérentes d'un grand mouvement, d'agir et d'évoluer sous une même bannière. La nouvelle marque du mouvement des Scop, est un élément fort de fédération. » « Par ailleurs, dans le gigantesque mouvement de reprises d'entreprises que va entraîner le départ à la retraite de centaines de milliers d'entrepreneurs, il faut que le mouvement des Scop apparaisse clairement comme une alternative » considéra le président de la CG Scop. Evoquant la situation actuelle, « il n'y a pas de raison, souligna Patrick Lanancker que les Scop, inscrites dans le marché, traversent la crise sans dégâts. Toutefois, précisa-t-il, elles disposent de vrais atouts. » « D'une part, d'année en année, une Scop place une part de ses bénéfices en réserve, ce qui lui permet de faire plus facilement face à un état de crise. » « D'autre part, au sein du mouvement des Scop, aussi bien lors de sa création que par la suite, une Scop bénéficie du soutien du mouvement à travers les Unions régionales des Scops. Une Scop n'est jamais seule, » affirma le président de la CGScop. Fédéré autour d'une nouvelle image, le mouvement des Scop ne manque pas d'ambition pour les années à venir. (à suivre…) Jean-Paul BIOLLUZ A l'occasion du lancement de la nouvelle marque du mouvement des Scop et de sa campagne de communication, la CG Scop a ouvert un nouveau site internet. Lire aussi :
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