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« Les Scop et les coopératives, des entreprises faites pour ce siècle »
Après les Scop, devenues Société coopératives et participatives auxquelles « la démocratie réussit », c'est au tour du Groupement national de la coopération de changer de look, en se dotant d'une nouvelle appellation : « Coop.FR, les entreprises coopératives ». L'annonce en a été faite, à Paris, lundi 25 octobre, par Jean-Claude Detilleux, le président du GNC, lors des Assises des entreprises coopératives. Symbolique, ces changements d'affiche marquent, aussi, un tournant pour le mouvement coopératif. Patrick Lenancker, le président de la Confédération générale des Scop l'a clairement souligné. « La crise, estime-t-il, correspondant à une profonde mutation, rebat les cartes ». Crise économique, mais aussi crise de société, où les gens sont, aussi bien pour leur travail, que dans leur vie personnelle à la recherche de sens. Or, le modèle coopératif, système de répartition équitable des richesses et de la démocratie d'entreprise et citoyenne, répond à cette demande qui s'exprime de plus en plus fortement, et de manière puissante, on le sent bien, même à travers les mouvements sociaux. « Les Scop et les coopératives, ajouta, Patrick Lenancker, sont des entreprises faites pour ce siècle ». « Faire partager la fierté d'appartenir au mouvement coopératif. »L'analyse est largement partagée par l'ensemble des coopérateurs qui étaient réunis à Paris pour ces assises. Un autre sentiment s'affirme également aujourd'hui. Il fut énoncé avec force par Etienne Pflimlin, président d'honneur du Crédit Mutuel, figure bien connu dans le mouvement coopératif. « Nous devons, a-t-il, déclaré, faire partager la fierté d'appartenir au mouvement coopératif. » Une affirmation revendiquée, désormais, par tous les coopérateurs, et qui rompt avec de nombreuses années de discrétion. « Car, l'a souligné, Jean-Claude Detilleux, si ces assises ne sont pas vraiment un nouveau départ pour le mouvement coopératif, elles doivent marquer une accélération de ces actions et de son intervention. » Bien évidemment, fut évoquée l'importance du rôle joué par le monde coopératif dans la société, mais aussi, le fait que son existence même soit ignorée par les Français qui sont nombreux à faire de la coopération sans le savoir. Il fut, par exemple, rappelé, qu'un tiers des Français sont sociétaires de banques coopératives. Et c'est bien pour un redéploiement du mouvement coopératif qu'avaient été convoquées ces assises. Une indentée forte à travers des valeurs revendiquéesBataille idéologique, bataille de valeurs et de principes, l'affirmation des coopératives est, également, une bataille d'image. Dans cette bataille, le mouvement coopératif entend faire valoir avec force son identité renouvelée et précisée à l'occasion de cette réunion. La démocratie comme moteur des relations et des décisions, le service aux besoins des membres et ceci au plus juste prix, la proximité avec des entreprises non délocalisables, la transparence avec une information claire, la pérennité avec la propriété collective, la responsabilité des acteurs et la solidarité entre les membres de la coopérative envers la communauté, et entre coopératives fondent cette identité coopérative, née de l'histoire du mouvement social et toujours bien vivante. Cette identité, qui aujourd'hui dans ce monde en crise est, incontestablement, une force. Elle est clairement affichée dans la Charte coopérative, qui précise : « Les coopératives constituent un modèle d'entreprise démocratique fondé sur des valeurs de responsabilité, de solidarité et de transparence. Ce sont des sociétés de personnes ayant pour finalité première de rendre des services individuels et collectifs à leurs membres. Des engagements réciproques et durables se nouent entre la coopérative et ses membres qui sont à la fois associés et clients, producteurs ou salariés. » Des pouvoirs publics, en France en Europe, désormais plus attentifsCette identité, le mouvement coopératif entend la porter sur la place publique, pour en étendre le rayonnement. Mais, c'est aussi vers les pouvoirs publics qu'il entend se tourner pour faire valoir ses droits. Car peu connu du public, il est bien souvent ignoré des pouvoirs publics. Une attitude qui évolue, cependant, depuis, le début de la crise. « Que cela, soit en France, souligna le président du GNC, ou en Europe, les pouvoirs publics sont plus attentifs au fait coopératif. » Car, ceux-ci n'ont pas été sans remarquer que le secteur coopératif traversait mieux la crise, continuait à créer des emplois et des emplois non délocalisable et jouait un rôle social à prendre en considération. Fabrice Heyriès, directeur général de la cohésion sociale, délégué interministériel à l'innovation, à l'expérimentation sociale et à l'innovation sociale, confirma au cours de ces assises, l'intérêt renouvelé des pouvoirs publics pour le mouvement coopératif, dont, il souligna « la pertinence du modèle ». « L'actualité, nota-t-il, porte le mouvement coopératif. C'est d'abord, expliqua-t-il, la remise en route du Conseil de l'économie sociale et solidaire, ce qui, considéra-t-il, est une marque de reconnaissance de la Nation envers l'économie sociale et solidaire et son rôle ». Un conseil dont la première réunion a eu lieu le mardi 26 octobre, et, où, souligna le président du GNC« les coopérateurs ont bien l'intention d'être activement présents ». C'est aussi les 100 millions d'euros consacrés à l'économie sociale et solidaire parmi les 5 milliards du Grand Emprunt réalisé par l'Etat pour la relance de l'activité. Ce sont enfin les propositions du rapport Vercamer sur l'économie sociale et solidaire, qu'il s'agit désormais de faire entrer dans les réalités de terrain et dont il fut rappelé que le tiers des propositions avaient été avancées par le mouvement coopératif. « La coopération ça marche, ça marchera encore mieux s'il y en a plus »Reste que le mouvement coopératif demeure en France en retrait par rapport à ses homologues en Italie, ou en Espagne, où, depuis quelques années, on assiste à plus de créations d'entreprises coopératives. Comment franchir cet obstacle, « pour qu'il y ait, note Jean-Claude Dutilleux, plus de coopératives, pour les coopératives, pour leurs membres, pour la société toute entière ». D'autant, « que la coopération ça marche, et que ça marchera encore mieux s'il y en a plus ». Le mouvement doit changer d'échelle convinrent tous les participants à cette manifestation. Une évolution qui dépend tout à la fois des pouvoirs publics et des coopérateurs eux-mêmes. De la part des pouvoirs publics, le président du GNC souhaite, « qu'ils traitent le mouvement coopératif à égalité avec les autres formes d'entreprises ». Selon lui, « trop d'obstacles sont encore dressés devant les entreprises coopératives. La plupart des décisions, a-t-il dit, sont prises en fonction et en tenant compte des entreprises et de l'économie classique. Or, estima-t-il, il ne faudrait pas grand-chose pour que des mesures adaptées aux entreprises coopératives favorisent leur développement. » C'est le cas, dans certaines régions. Jean-Paul Planchou, élu chargé de l'économie sociale et solidaire au Conseil régional d'Ile-de-France, expliqua, « que les élus de la région faisaient en sorte que les dispositifs mis en place intégraient le plus possible l'économie sociale. » L'autre moteur de développement, c'est le mouvement coopératif lui-même. Dans les initiatives qu'il prendra pour se faire mieux connaître du grand public, mais aussi à travers sa mobilisation. « Avec 210 000 coopératives le réseau est puissant, souligna, Patrick Lenancker. Parmi ces coopératives existent de grands donneurs d'ordre qui sont susceptibles, par leurs décisions, de stimuler l'activité du milieu coopératif. Si, dans les prochaines années, nous développions activement l'interopération, nous pourrions considérablement contribuer au développement coopératif. Et pourquoi pas passer de 2 à 4 millions de salariés, » déclara le président de la Confédération générale des Scoop. La montée en puissance du mouvement coopératif, c'est aussi sa reconnaissance par l'ONU qui a déclarée « 2012, l'année des coopératives ». « Une année, a affirmé Jean-Claude Detilleux, en guise de conclusion des assises, qui mobilisera, et mettra en évidence, le mouvement coopératif dans le monde entier. Cela sera en France, et en Europe, l'occasion pour celui-ci, d'aller plus loin et d'afficher ses réalisations qui touchent mondialement des centaines de millions de coopérateurs. Cette année 2012, assura le président du GCN, est importante pour le mouvement coopératif. » La crise, dit-on, rebat les cartes. Les salariés et citoyens aspirent à retrouver un sens au travail et dans leur vie, plus d'égalité et de justice. Le mouvement coopératif a de bonnes cartes en main. Jean-Paul BIOLLUZ
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