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La Scop Instep : l'assemblée générale des coopérateurs donne le cap

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En cette année 2011, l'Instep fête ses 15 ans en tant que coopérative. A la plus grande satisfaction de ses salariés et de son directeur général, Pierre Thomas. En effet, le parcours de la Scop, aujourd'hui, l'une des grosses entreprises de formation de la région Nord – Pas-de-Calais, n'a pas vraiment été « un long fleuve tranquille ».

La naissance elle-même, en 1996 est rude. A cette époque, l'Instep est une association affiliée à la Fédération Léo-Lagrange qui décide de sa fermeture. 110 salariés, dont 52 coopérateurs reprennent sous forme de Scop l'association mise en règlement judiciaire.

Cette année 2011, le Groupe Instep va dépasser 10 millions d'euros de chiffre d'affaire et 180 salariés. On comprend la satisfaction de son directeur évoquant, « au bout de 15 ans d'activités, tout le plaisir d'avoir réussi un formidable pari. »

Un Groupe : trois sociétés coopératives

Le Groupe Instep est composé aujourd'hui de trois sociétés coopératives et participatives (Scop). La première, la maison mère, c'est la Scop Instep avec huit centres de formation et travaillant dans quatre secteurs professionnels : l'hôtellerie restauration, l'animation – développement locale et le travail social, le bâtiment et le nettoyage industriel – propreté. La deuxième, la COEF3, une coopérative loi de 47 est installée à Cambrai. Enfin, la troisième, la Scop AELIA est implantée sur Lille, Roubaix, Tourcoing et Seclin. Mais quel chemin avant d'en arrivée à une situation stabilisée !

En 1996, l'association qui travaille dans de secteur de la formation des chômeurs est mise en redressement judiciaire. Actionnaire majoritaire, la Fédération Léo-Lagrange lâche l'association. La vocation de la Fédération Léo-Lagrange, c'est de former des animateurs, ou ses propres cadres, mais pas de former des chômeurs. Elle abandonne plus de 80% de ce qui faisait l'activité de l'INSTEP, la formation des demandeurs d'emploi, la formation des animateurs ne représentant, elle, que 15 %.

La coopérative : un investissement personnel

Une partie des salariés refuse de baiser les bras et opte pour la poursuite des activités. Les 52 coopérateurs qui s'engagent dans l'aventure acceptent de céder deux mois de salaire pour constituer le capital de la Scop. Un mois la première année, le second les deux années suivantes.

Une société d'investissement pour l'Instep est créée. Les coopérateurs empruntent collectivement l'équivalent de leur mise. Par ailleurs, la Socodem, la société d'entraide des coopératives, une société de capital risque coopératif et le Crédit Coopératif s'engagent aux côtés des coopérateurs.

« Le projet de reprise de l'Instep sous forme coopérative est, alors, présentée aux différents centre de formation implantés sur la région Nord – Pas-de-Calais, se souvient Pierre Thomas. Les équipes ont largement suivi. Les sept centres du Nord ont adhéré à l'idée coopérative, deux sur cinq dans le Pas-de-Calais. Nous avions des compétences professionnelles que nous pouvions immédiatement réactiver. Il n'y a pas eu de rupture pour les personnes qui étaient en formation. Ce qui était important et pour les salariés de l'Instep, et pour les stagiaires en formation. »

Une tentative pour travailler à l'échelle nationale

En 1999, 2000 et 2001, période marquée par des conflits internes, les trois exercices sont déficitaires. En 2001, Pierre Thomas et Christian Simon se présentent ensemble à la direction devant l'assemblée générale des coopérateurs avec un plan de redressement. La direction à deux têtes et le plan de redressement sont acceptés. Très vite la barre est redressée et en deux ans le passif est comblé.

En 2003, avec un chiffre d'affaire de 5 millions d'€ et 100 équivalents temps plein, l'Instep est une entreprise stabilisée. « Toutefois, explique Pierre Thomas, elle souffre alors d'un handicap. Nous étions trop gros pour les petits, mais trop petit pour les marchés de la formation lancé au niveau national. Des marchés pour lesquels il faut répondre dans différentes régions. »

C'est pour franchir cet obstacle que nait le Groupe Instep. « Il s'agissait, note le directeur général actuel du Groupe, de s'associer avec d'autres organismes de formation coopératif pour atteindre une taille critique et intéressante pouvant nous permettre de travailler à l'échelle nationale ».

Le fait que Christian Simon était trésorier de la CG Scop depuis 2000 a facilité le rapprochement entre coopératives de formation au niveau national. Dans le Nord – Pas-de-Calais, l'Instep travaille alors avec ID Formation.

Ce rapprochement permet la mutualisation de toute une série de moyens, et de pouvoir répondre à des offres nationales.

La reprise de l'ARECEP décidée en assemblée générale

En février 2003, l'Instep prend des participations dans la Scop ACEREP. Cette coopérative exerçant dans les mêmes métiers de la formation fonctionne avec des centres à Besançon Lyon et Roman-sur-Isère. Quelques mois plus tard, l'entreprise est liquidée. L'Instep reprend les centres.

Deux Scop sont alors créée : l'ACEREP, Groupe Instep en Franche-Comté, avec 12 emplois et 7 coopérateurs à Besançon, et l'ACEREP Groupe Instep en Rhône-Alpes, avec 15 emplois et 6 coopérateurs à Lyon.

« La décision de prendre une participation dans l' ACEREP en 2003, explique Pierre Thomas, l'a été par l'ensemble des coopérateurs de l'Instep réunis en assemblée général, dans l'idée d'aider d'autres coopérateurs. A l'Instep on avait été en difficulté en 1996.On avait redressé la barre. En 2003, on a donc mis l'ACEREP dans les conditions qui étaient celles de l'Instep en 1996. La reprise de la Scop a été faite avec tous ceux qui souhaitaient venir. A l'époque, on considère la question de la reprise sous l'angle économique et on n'analyse pas la question pédagogique ». Ce qui sera une faiblesse. L'idée était de transférer la formation technique de l'Instep.

Une expérience douloureuse

Les deux premières années, les centres ACEREP maintiennent leurs activités. Ça se passe plutôt bien. Des débats ont lieu sur le développement. En 2005, les résultats sont déficitaires pour les deux centres. Les déficits se creusent en 2006 et 2007.

En 2008, le centre lillois du Groupe Instep reprend la gestion en directe « On a découvert le pilotage a distance, souligne Pierre Thomas. Difficile. On a trop fait confiance. On avait mis les moyens pour sauver les Scop. On croyait au projet, sans doute plus que les acteurs sur le terrain. On a réussi à transférer les formations techniques et professionnels, mais pas la rigueur de gestion et la qualité de formation que l'on souhaitait. Un directeur est parti avec les dossiers. Une directrice a été licenciée. Ça c'est terminé dans la douleur. Ce n'est pas aussi simple de délocaliser les activités. Et le transfert n'est pas évident, » se désole Pierre Thomas.

La décision douloureuse de la fermeture des deux Scop a été prise en conseil d'administration, puis validé par l'assemblée générale. (à suivre……)

Jean-Paul BIOLLUZ

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