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Guy Babolat, Pdg de la Scop Bourgeois : « Avec les coopératives donner du sens et revaloriser la valeur travail »

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Président Directeur Général de la Scop Bourgeois depuis janvier 2006, Guy Balotat était auparavant directeur de l'Union régionale des Scop de la région Rhône – Alpes, une fonction qu'il a occupée durant 15 ans.

Il a bien voulu donner son point de vue à Nord-social.info sur les mouvements qui portent aujourd'hui l'économie sociale et solidaire comme 2012, déclarée année des coopératives par l'ONU où les Etats Généraux de l'économie sociale et solidaire qui se réuniront au mois de juin à Paris.

Nord-social.info : pourquoi ce choix de la direction de la Scop Bourgeois en Haute-Savoie ?

Guy Babolat : « Pour sortir de la crise grave que traversait la Scop, il fallait une intervention, mais celle-ci ne pouvait pas être efficace si elle était extérieure, venant seulement de l'Urscop. Il fallait que le problème se règle en interne, d'où ma venue ».

« Par ailleurs, j'avais été durant 15 ans, directeur de l'Urscop Rhône – Alpes. J'en avais fait le tour. J'avais envie de changer tout en restant dans le mouvement coopératif. Bourgeois en crise était la plus grosse Scop industrielle de la région dans un secteur difficile, mais avec un vrai produit, donc des atouts ».

Nord-social.info : que l'ONU ait déclaré 2012 année des coopératives vous semble-t-il positif ?

Guy Babolat : « C'est bien de parler du fait coopératif. Les coopératives souffrent en France de l'absence d'une politique publique favorable à ces principes. Les autorités ont mis le paquet sur l'auto entrepreneuriat. Elles n'ont pas réalisé la même démarche sur les coopératives. »

« Autre domaine où il y a déséquilibre, le système a beaucoup favorisé le développement du capital risque, mais il n'existe pas l'équivalent pour les salariés qui reprennent leur entreprise ».

« 2012 peut permettre de mettre en lumière les coopératives. Il faut faire en sorte que le fait d'entreprendre ne soit pas confisqué par un modèle. A côté de l'entreprise classique, il existe aussi une façon collective d'entreprendre ».

« Si on veut revaloriser la valeur travail, il fait qu'elle soit porteuse de sens. On ne peut pas simplement faire référence à un rapport de force. Il faut que les gens aient le sentiment qu'ils sont acteurs, qu'ils font quelque chose à travers leur travail, dans l'entreprise. Il faut dépasser le simple rapport salarial. 2012 peut faire avancer l'idée coopérative ».

Nord-social.info : les Etats Généraux de l'économie sociale et solidaire auront lieu au mois de juin ? Que peuvent-ils apporter au mouvement coopératif ?

Guy Babolat : « J'ai été Président de la Chambre régionale de l'économie sociale Rhône–Alpes. J'ai toujours été attentif au fait que les choses partent des acteurs eux-mêmes. J'ai souvent redouté que des gens qui ne soient pas des acteurs de l'économie sociale et solidaire parlent en son nom ».

« Ceci dit, à partir du moment où l'on peut mettre en lumière un certain nombre de choses qui existent, je trouve cela très bien ».

« Il faut toujours faire en sorte de montrer que le mouvement coopératif est dans une logique économique, mais aussi une logique porteuse de sens ».

« Par ailleurs, il faut travailler le maillage entre les acteurs de l'économie sociale et solidaire. Il faut faire les bons croisements. En cela les Etats Généraux de l'économie sociale et solidaire peuvent être utiles ».

Propos recueillis par Jean-Paul BIOLLUZ

La Scop Bourgeois, à Faverges, en Haute-Savoie : bientôt 30 ans (Voir aussi)

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