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Guy Babolat : « Aujourd'hui, on vient à la Scop pour la coopérative »

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« Le fait de dire que nous sommes une coopérative, que lorsque l'on travaille chez Bourgeois, on peut y devenir sociétaire, ça intéresse. L'idée que l'on ne travaille pas pour un fonds de pension, mais localement pour soi et une équipe attire les jeunes qui cherchent des musiques différentes dans la relation au travail et à l'entreprise, » souligne Guy Babolat.

Pas de doute, le Président Directeur Général de la Scop Bourgeois est confiant. « Cette volonté d'entrer dans une Scop, on la mesure d'ailleurs très vite, explique-t-il. Les gens qui viennent pour une embauche, aujourd'hui, savent où ils mettent les pieds. Avant de nous rendre visite, les candidats à l'embauche, ont, quasiment tous, visiter notre site. Ils sont donc fixés sur la nature de l'entreprise et viennent en toute connaissance de cause. »

A chaque salarié sa part de capital

A la Scop Bourgeois, on est donc coopérateurs et sociétaires. Le sociétariat n'est pas une obligation. Le recrutement est conventionnel, et il n'y a pas de lien entre le contrat de travail et le fait d'être sociétaire. Mais la plupart des 73 salariés, à l'exception de quatre ou cinq personnes le sont.

Le seuil de participation au capital de la coopérative pour les sociétaires est fixé à trois mois de salaires. Les nouveaux sociétaires, soit règlent d'entrer leur participation au capital de la Scop, soit, et c'est une démarche plus courante, consacrent 5% de leur salaire chaque mois jusqu'à détenir dans le capital l'équivalent de trois mois de salaire. Par ailleurs, l'ensemble des coopérateurs concèdent mensuellement, 1% de leur salaire pour renforcer le capital de la Scop, ce qui renforce d'autant leur participation personnelle dans le capital.

Si, avec 60%, les salariés-associés, détiennent la majorité de la Scop, ils ne sont pas les seuls actionnaires. A leur côté, on trouve la Cogac, une filiale de Gdf pour 18%, la Socodem, un outil financier du mouvement des Scop pour 13% et l'Institut de développement de l'économie sociale (IDES) pour 9%.

La démocratie d'entreprise

Majoritaire dans le capital, les sociétaires font vivre la Scop à travers la démocratie d'entreprise. Une fois par an, ils se réunissent en assemblée générale pour décider ensemble des grandes orientations de la boite, en particulier des investissements à réaliser, des provisionnements à effectuer.

La démocratie d'entreprise vie, aussi, tout au long de l'année. D'une part, une réunion d'information a lieu tous les trimestres avec les coopérateurs. Par ailleurs, une instance informelle, le Comité coopératif comprenant les administrateurs salariés se réunit une fois par mois.

« Ce processus démocratique, explique Guy Babolat, permet d'assoir une légitimité la plus large possible afin de rendre ensuite les décisions prises le plus opérationnel posssible. »

La politique salariale est également l'une des caractéristiques des Scop. Chez Bourgeois, le projet d'entreprise limite le plus haut des salaires à 8 fois le SMIC. En réalité, la différence entre le plus bas des salaires, qui est de 1470€ brut, et le plus haut est de cinq fois. De fait, les salaires des ouvriers de la Scop sont supérieurs aux salaires des usines voisines, ceux des cadres moindres.

Sociétariat, participation au capital, démocratie d'entreprise, échelle des salaires, voilà, donc, les musiques différentes qui aujourd'hui parlent aux jeunes.

( à suivre….Coup de blues à la Scop : conflit et plan social)

Jean-Paul BIOLLUZ

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