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Depuis le 1er octobre, Made in Scop, une ambition coopérative

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Made in Scop arrive sur le marché. La plate forme proposée par la Fédération des Scoop de la communication sera opérationnelle dès ce 1er octobre. C'est la décision la plus importante prise au cours du Congrès de la Fédération, qui s'est déroulé, à Paris, à la Bellevilloise un lieu hautement symbolique du mouvement coopératif, les 23 et 24 septembre.

Avec la mise en place de cette plate forme, les coopératives de la communication et des médias seront désormais en capacité de proposer à leurs clients une palette de services à travers l'ensemble des métiers des différentes entreprises et filières qui composent la fédération.

Mutualiser les moyens grâce à un centre unique

« Le projet était en préparation depuis un an, explique Jean-Marie Boissière, le président de la fédération. Made in Scop participe de la mutualisation des outils et des moyens communs et du développement de partenariats et de synergies entre coopératives. La volonté de la fédération est d'aider au regroupement des Scop à travers des filières. »

Ce regroupement opérationnel ouvre de nouveaux horizons, tant du point de vue technique que commercial.

Désormais, avec Made in Scop, n'importe quel produit de communication, du plus simple au plus complexe, est susceptible d'être fabriqué par la filière Scop. Une campagne de communication demande à la fois des imprimés, de la création, et un volet audiovisuel, …qu'à cela ne tienne. Elle pourra être montée grâce à la coordination des interventions de différentes Scop spécialisée chacune dans l'un de ces domaines. En quelque sorte, aux Scops de la communication, aujourd'hui, rien n'est impossible.

Un atelier au coeur d'une imprimerie

Par ailleurs, autre avantage important, en s'adressant à Made in Scop, le client en recherche d'un travail, ou d'une campagne multimédia, aura la vie grandement facilitée. En effet, il commandera directement sa campagne, où le produit qu'il souhaite à Made in Scop. C'est la plate forme qui se chargera ensuite, jusqu'à la livraison, de l'ensemble des coordinations entre les différentes Scop de la filière dont l'intervention sera nécessaire.

Trois salariés de la fédération animent aujourd'hui la plate forme qui propose aux entreprises de l'économie sociale et solidaire la palette des services des Scop adhérentes.

Un contexte difficile

Ce Congrès, c'est tenu dans un contexte difficile. Le départ, l'an passé de trois grosses Scop de l'imprimerie a lourdement pesé sur les activités de la Fédération, même si ces départs étaient attendus.

Le Courrier Picard, 250 salariés, a été racheté par La Voix du Nord, l'Yonne Républicaine, 350, par le groupe Centre France. Le Courrier Picard avait besoin d'une rotative neuve. La coopérative n'ayant pas les moyens d'assurer son financement, La Voix du Nord en embuscade depuis plusieurs années, en à profiter pour racheter le journal d'Amiens. Le Courier Picard est désormais tiré sur les rotatives lilloises de La Voix du Nord.

L'Yonne Républicaine a investi dans un centre d'impression et des rotatives neuves. Un centre d'impression qui attiré tout l'intérêt du groupe Centre-France qui édite en particulier le quotidien régional la Montagne. Les investissements se révélant particulièrement lourds pour la coopérative, le groupe Centre-France l'a racheté. Voilà deux départs qui pèsent lourd, avec au total 600 salariés, mais aussi lourd d'un point de vue symbolique. Ces deux grands journaux régionaux étaient des entreprises Scop depuis 1945.

Avec 80 salariés ,Néotypo, une imprimerie implantée à Besançon est la troisième entreprise à avoir quitté la fédération l'an passé. Mise en redressement judicaire, elle a été liquidée.

Ces trois disparitions mettent en évidence une évolution de la Fédération des Scop de la communication constatée ces dernières années. On assiste au retrait des grosses entreprises, en particulier des imprimeries, à la faveur du développement de Scop moyennes et petites, plus tournées vers l'ensemble des métiers du multimédia et de la communication. Pendant longtemps, la fédération compta quelques 150 entreprises. 90% des adhérents y étaient alors des imprimeurs. Ils ne sont plus que 42% aujourd'hui, où la fédération comprend 201 Scop.

Si la fédération des Scop a perdu ses poids lourds, avec Made in Scop elle s'est dotée d'une cavalerie légère sur laquelle elle compte pour être plus offensive encore.

Jean-Paul BIOLLUZ

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