|
|
A la Scop : « on travaille pour nous, et c'est vraiment différent »
« A la Scop, on travaille pour nous. On forme une véritable équipe, un peu une famille » explique Didier Fraix. « On a notre mot à dire. Dans une autre entreprise, on fait ce que l'on nous dit. Un point c'est tout. Ici, on s'entraide, on donne un coup de main à un collègue en difficulté. C'est tout à fait différent. ». Didier est l'un des 73 salariés de la Scop Bourgeois, implantée à Faverges, en Haute-Savoie, la dernière entreprise à produire en France des fours professionnels.
Dans l'immense atelier de fabrication des fours, soudeurs ou plieurs, Didier, Jean-Antoine ou leurs collègues, expriment tous le même sentiment. « Participer aux bienfaits de l'entreprise »Jean-Antoine Da Paula travaille chez Bourgeois depuis 13 ans, et pour lui les avantages de la Scop sont tout à fait bénéfiques pour les salariés : « Tout d'abord, le travail que l'on fait, on le fait pour nous. Alors autant bien le faire. Et puis, chacun participe aux bienfaits de l'entreprise, peut donner son point de vue. On peut ainsi contribuer à l'amélioration des choses. »
Didier est plus ancien dans la boîte. Il fait partie de la Scop depuis 25 ans. Et il ne dit pas autre chose. « Quand, il y a des problèmes, on a notre mot à dire. » Et ça, c'est important. Pour lui aussi, le fait d'être propriétaire de son travail change la donne. « On ne regarde pas s'il faut rester une demi-heure de plus pour terminer une tâche, souligne-t-il. Et comme on travaille pour nous, nous faisons en sorte que cela fonctionne au mieux. » L'autre avantage noté par André, c'est « que le cas échéant, les années où cela est possible, on touche un peu d'argent. » C'est la participation aux bénéfices propre aux coopératives de production. Même si ce n'est pas tous les ans, même si la vie de « la Bourgeoise » n'a pas toujours été facile, les salariés défendent leur Scop. La reprise en ScopA Faverges, « la Bourgeoise » est bien connue. Elle forme avec les établissements Tissot Dupont, célèbre fabriquant de produits de luxe : briquets, stylos, maroquinerie et l'usine Stäubli, le tissu industriel de la localité. L'usine a été créée en 1946 par Maurice Bourgeois. Elle produit alors des appareils ménagers, et connaît un franc succès avec les débuts de l'ère de la consommation. Rachetée par le groupe VALEO en 1974, à la suite du départ de son fondateur, l'entreprise intègre la filiale Far du groupe. En 1981, VALEO dépose le bilan du groupe FAR. L'usine favergienne Bourgois est menacée de fermeture. Un choc pour les ouvriers et les salariés de l'entreprise. Une opération de reprise sous forme de Scop est alors engagée sous l'impulsion d'un syndicaliste. La Scop voit le jour en 1982. Une partie des salariés mettent leur prime dans la reprise. 135 actions de 100.F sont émises. De l'inox à l'électroniqueParallèlement, l'entreprise se spécialise dans la production de fours mixtes professionnels, secteur qui est aujourd'hui encore son domaine d'activité. La Scop Bourgeois est le dernier producteur français en ce domaine, et doit faire face à une rude concurrence allemande et italienne, pays dans lesquels, plusieurs entreprises sont sur les rangs.
Les différents fours proposés par la Scop Bourgeois correspondent à trois modes de cuisson : par convection, par vapeur, ou mixte assurant la cuisson à la fois par un mode convection avec un taux d'humidité variable selon les aliments concernés. Des fours de remise en température font également partie de la production de l'entreprise. « Aujourd'hui, explique Guy Babolat, l'actuel Pdg, on ne travaille plus comme il y a 30 ans. A l'époque, le prix du four, c'était l'inox. Désormais, c'est l'électronique. »La gamme des fours mixtes Zénith de Bourgeois obtient un incontestable succès. Les clients sont aussi bien des indépendants que des chaînes de restauration comme Buffalo Grill, où des collectivités comme des collèges, des hôpitaux, l'armée… Toutefois, bien que dernier et donc seul producteur français de fours professionnels, la Scop Bourgeois n'occupe que 5% du marché français. (à suivre : la vie d'une coopérative) Jean-Paul BIOLLUZ
|
|




del.icio.us
Digg