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BEAC : Bozizé le hors la loi ?

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A en croire une source crédible, François Bozizé aurait instruit son ministre des finances, Emmanuel Bizot d’envoyer une lettre aux autorités françaises en leur qualité d’Administrateurs de la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC) pour leur signifier la nomination prochaine de Théodore Dabanga, actuel conseiller à la Présidence de la République. C’est donc dire c’est à ce dernier que va échoir le poste de Directeur d’Exploitation de la BEAC au titre de la réforme engagée par les chefs d’Etats de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC).

A rappeler que les Chefs d’Etat de la CEMAC ont décidé l’année dernière de réformer les structures de la BEAC, d’où la création de douze directions reparties entre les Etats membres. La direction d’exploitation est revenue de droit à la République Centrafricaine.

Jusque là rien de surprenant. Seulement voilà, pour manager ces directions les Administrateurs français de la BEAC ont conseillé aux Etats membres de choisir ceux de leurs ressortissants qui sont à même de comprendre les rouages des finances internationales, donc de ne désigner que des cadres nationaux qui sont fonctionnaires de la BEAC.

Cependant, à l’exception des autres Etats membres qui ont tous désigné des cadres internes à la BEAC pour les représenter, François Bozizé préfère quant à lui cavaler seul : il entend nommer quelqu’un qui n’a jamais travaillé ne serait-ce qu’un seul petit jour pour la BEAC. Qui plus est, il est de notoriété publique que celui-ci n’est pas moralement irréprochable.

Suivez notre regard.
L’un des multiples conseillers à la présidence payés à ne rien faire et qui ont rang et prérogatives de ministres que nous avons joint au téléphone depuis Bangui, semble avoir une explication à ce phénomène. Sous le couvert de l’anonymat, ce dernier émet visiblement sur les mêmes longueurs d’onde que ceux qui sont considérés à tort ou à raisons comme les opposants au régime de Bozizé. « Le président est devenu incontrôlable. Il est vraiment grisé par le pouvoir. Il n’entend plus personne et ne fait qu’a sa tête », déclare-t-il. « Vous savez, c’est toujours difficile de faire entendre raison à un militaire qui se croit tout permis », conclu-t-il très amère.

Incohérence de la décision de Bozizé

Décidément François Bozizé n’a pas fini de nous étonner. Car quelle explication pourrait-il fournir pour motiver la nomination de Théodore Dabanga au poste de directeur d’exploitation de la BEAC, lorsqu’on sait que c’est ce même Dabanga qu’il a lui-même limogé à cause de ses malversations financières du temps où il fut ministre des finances, il s’occupait du guichet unique de Douala. A l’époque on a découvert des trous dans la gestion du guichet unique dû certainement à la confusion que Théodore Dabanga faisait entre ses poches personnelles et les caisses de ce guichet. N’est-ce pas ce même Bozizé qui reprochait au même Dabanga ses trafics et autres commerces au département des finances, notamment la vente au gouvernement centrafricain des véhicules achetés par l’argent des contribuables ? Alors au nom de quel principe. Vraiment sur quels critères veut-il désigner Dabanga à la BEAC au nom de la RCA en lieu et place des centrafricains compétents et expérimentés qui s’y trouvent déjà ? Une seule explication : il n’y a pas un Gbaya Bossangoa digne de sa confiance qui travaille au siège de la BEAC à Yaoundé. Car au royaume des Feï, Nam, Bona et Fio, pas de place pour les autres centrafricains dont le péché est de venir au monde dans les autres ethnies.

Il convient de souligner que par ces mêmes procédés François Bozizé avait fini par faire l’unanimité contre lui au sein de la Banque sahélo-saharienne que le Guide libyen envisageait installer une filiale à Bangui et dont la direction se devait de revenir à notre pays. En s’entêtant de vouloir nommer à ce poste son tristement célèbre parent Jean-Serge Wafio, alias Mo Wara Mo Tè Biani, Bozizé avait mis Kadhafi dans tous ses états jusqu’au point que celui-ci voudrait prendre la décision de ne plus installer une filiale de cette Banque en Centrafrique. Hélas, c’est la population centrafricaine qui est la principale victime de ce comportement plus qu’irresponsable.

Cette affaire qui vient confirmer l’inconscience de ceux qui sont aujourd’hui à la tête de notre pays, sonne le glas du réveil de chaque fille et chaque fils de Centrafrique. Un devoir de mobilisation pour apporter un changement radical s’impose : nul n’a le titre foncier de la RCA, pas même François Bozizé ne fût-il Général cinq étoiles.

cb[

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