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Une voie vers l'autonomie

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Le 19 novembre, à l'occasion du World Forum de Lille, rencontre avec André Decoster, cet homme de défis qui a dirige Elevages sans frontières, une belle aventure, dont il est l'animateur et fondateur et à laquelle vous pouvez participer… Elevages sans frontières, association de solidarité à but non lucratif, a pour objectif d'aider les familles des pays en voie de développement à devenir autonomes, en leur donnant des animaux sous forme de micro-crédit en nature. De ce point de vue, elle n'a pas d'équivalent en France.

Tout a commencé à partir d'un constat cruel. D'après la FAO, organisation alimentaire mondiale, à chaque minute, environ 10 enfants malnutris meurent. En 2009, on franchit le cap du milliard de personnes souffrant de la faim. Parmi ces victimes de la malnutrition, 75% sont des petits paysans. Une partie de la population n'accède pas à la production alimentaire mondiale faute de ressources et de politiques adaptées.

Pour André Decoster, ancien directeur du GIE lait – viande qui gérait les crédits du ministère de l'agriculture, de l'Europe et de la Région qui étaient alloués à l'élevage, il devient urgent d'agir efficacement.
Alliant sa passion pour les chèvres, son désir de partager son expérience professionnelle, il crée une première association autour de cette idée du transfert des savoir-faire professionnels..Ce fut un voyage en Chine qui lui donna l'idée d'Elevages sans frontières. Trente ans plus tôt, une centaine de chèvres avait été importée de Grande-Bretagne. Le troupeau s'était agrandi et comptait alors vingt-cinq mille bêtes sur la base d'un principe simple : une chèvre était donnée par une association américaine à une famille chinoise du Sechuan et cette famille devait à son tour donner une chèvre à une autre famille. A son retour, André Decoster crée l'AIDEC (association internationale de développement caprin) qui prendra par la suite le nom d'Elevages sans frontières.

A Kpodaha au Bénin, Eya a développé un poulailler qui finance la scolarité de ses enfants et l'accès aux soins. Photo ESFEntre 2000 et 2006, sur 1630 familles ayant reçu des chèvres, 730 ont crée un élevage grâce au passage de don.

Le passage du don

Les projets soutenus par Elevages sans frontières sont basés sur le principe dit du « passage de dons », développé par l'organisation Heifer International [1] depuis 1946 : pour chaque animal reçu, les familles s'engagent à donner à leur tour un animal né de l'élevage à une autre famille. Ce microcrédit en nature s'inscrit dans un programme d'accompagnement menant à l'autonomie pérenne. Les emprunteurs bénéficient de formations à l'élevage et la fabrication de produits fermiers. Le suivi de ces familles se poursuit par l'appui à l'installation de fromageries et par une aide à la commercialisation des produits.

Les familles deviennent des acteurs du développement local. En créant leur élevage, elles obtiennent une source d'alimentation quotidienne et une source de revenu leur permettant de diminuer la dépendance à l'égard des importations.

A l'origine de sa création, et notamment pendant ses quatre premières années, l'association soutient plusieurs projets d'élevages de chèvres qui concernent dans un premier temps, l'Albanie, le Kosovo puis la Roumanie ainsi que le Togo et le Bénin, où ESF monte ses propres équipes pour gérer sur place cette opération de microcrédit et de transfert.de savoir-faire.

A Matam, au Sénégal, 90 femmes qui ont reçu 1 brebis et cultivent un potager ont déjà aidé à leur tour 70 nouvelles familles. Photo ESF

Pourquoi les chèvres ?

Cela ne tient pas seulement au fait qu'André Decoster soit un ancien éleveur, mais surtout parque ces animaux présentent de nombreux avantages :

  • les chèvres se déplacent sur des reliefs accidentés
  • elles sont surveillées par les enfants et les femmes
  • elles se reproduisent vite
  • elles produisent du lait dès l'âge d'un an et ce jusqu'à 800 litres par an
  • elles sont de bonnes transformatrices de fourrage
  • elles coûtent moins cher que les vaches
  • leur lait est riche en protéines et minéraux et se digère facilement.

Au Burkina Faso, en recevant 9 poules et un coq, la famille de Mariam s'est procuré une source de protéines et de revenus. Photo ESFAujourd'hui, des programmes s'élaborent aussi avec d'autres animaux comme les poules, les lapins, les cochons ainsi qu'avec des… abeilles.

Sans frontières

Agréée depuis janvier 2009 par le comité de la charte et du don de confiance, ce groupement de personnes coopère avec des associations à la vocation et aux valeurs communes implantées aux Etats Unis et en Europe (Irlande, Angleterre, Pays Bas).

Elevage sans frontières intervient à travers 90 projets implantés en Albanie, en Arménie, au Kosovo, en Roumanie, à Haïti, au Bénin, au Burkina Faso, au Maroc, au Sénégal et au Togo.

Des activités telles que la production laitière et fromagère, l'élevage, les plants maraîchers, la pisciculture ou l'apiculture y sont développées.

L'association emploie 14 salariés en Afrique et 8 en France où une dizaine de bénévoles apportent également leur soutien. Et aujourd'hui l'association cherche à essaimer dans d'autres régions de France, ce qu'elle vient de faire à Besançon et Rouen.
Elle compte actuellement 20 000 donateurs et 130 membres qui élisent un conseil d'administration de neuf membres, pour la plupart liés.au monde agricole.

Une organisation à soutenir

Menées avec rigueur, ces missions ont obtenues la confiance du Crédit Agricole, de Saveurs de France-Brossard, de Triballat Noyal, de Jacquin et fils, du Cetelem, de la Fondation Kronenbourg, de Levi Strauss Continental et de Denkavit.

Elles représentent, tout comme les organisations institutionnelles et les fondations, 10 % de la collecte de fonds alors que les particuliers constituent 77 % de cette collecte.

A titre indicatif, 300 euros financent l'achat d'une chèvre laitière, son transport, le matériel d'élevage et de fromagerie, la formation, un coordinateur local et l'aide à la vente de produits laitiers.

En savoir plus : www.elevagessansfrontieres.org

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[1] (heifer : génisse en anglais)

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