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Finance Watch : casser les pouvoirs dominants du système financier

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Une brèche dans le système. La création, le 20 juin 2011, à Bruxelles de Finance Watch, la première organisation non Gouvernementale (ONG) financière en Europe devrait donner à la société civile européenne les capacités de contrer la puissance des lobbies financiers et bancaires.

Lancé à l'initiative de députés européens, et en particulier de Pascal Camphin, député européen Europe Ecologie, Finance Watch regroupe des élus, des experts, des acteurs de la société civile, des organisations syndicalistes, des ONG, des associations de consommateurs et d'investisseurs.

Le but est d'opposer à la puissance des lobbies bancaires en Europe une contre expertise de haut niveau pour peser sur les mesures et décisions prises par la commission. Avec la création de ce « Greenpeace de la finance », il s'agit de rompre un rapport de force totalement déséquilibré entre les lobbies bancaires agissant au profit d'intérêts particuliers et les élus et les représentants de la société civile oeuvrant pour l'intérêt général.

Défendre l'intérêt général

Expliquant que « l'activité financière possède un impact important sur la société et sur son fonctionnement, ses créateurs, ont donné à Finance Watch, comme mission de s'assurer que les intérêts de la société soient pris en compte dans des domaines dominés par l'industrie financière et son lobby, de renforcer la capacité de la société civile à se faire entendre dans le débat sur la réglementation financière ». Aujourd'hui, les groupes d'experts qui conseil la commission sont intégralement constituées de représentants de l'industrie financière. Il s'agit, donc, de casser ce monopole.

« L'objet de la finance, note Finance Watch, est de servir l'économie réelle. La situation où l'économie devient subordonnée à la fonction financière doit être rejetée car destructrice des structures économiques et sociales. La recherche de la rentabilité, si elle est un objectif légitime, ne doit pas être conduite au détriment de l'intérêt général ».

Par ailleurs, Finance Watch affirme que « son objectif général est une organisation économique de la société où le besoin de l'économie réelle d'accéder au capital et aux services financiers serait satisfait de façon durable, équitable et transparente »

La mise en alerte citoyenne

Cette initiative est prise dans une période, où, suite à la crise de 2008, les opinions publiques sont de plus en plus sensibles au sujet, même, si parmi les citoyens règne un fort sentiment d'impuissance. C'est aussi pour lever celui-ci qu'entendent agir les acteurs de Finance Watch, grâce à la mise en place d'un outil de communication. Par son action, la nouvelle ONG participera de la mise en alerte citoyenne.

Lancée en juin 2010 par un appel, l'initiative a rapidement rallié autour de Pascal Camphin des députés européens de différents courants politiques, et en particulier, les élus français Pervenche Berès, député socialiste, Jean-Paul Gauzès, député UMP. Depuis son lancement, près d'une centaine de députés européens, mais également une centaine d'élus nationaux et régionaux de plusieurs pays de l'Union européenne ont signé l'appel.

Finance Watch mobilise deux types d'acteurs.

D'une part, des organisations non-gouvernementales, des syndicats, des associations de défense des épargnants individuels, des associations de consommateurs ou des instituts de recherche, une quarantaine d'organisations ont rejoint l'ONG financière, parmi lesquelles : ATTAC, le CCFD, OXFAM, le Tax Justice Network, mais aussi des représentants du monde du travail comme la CFDT banque ou la confédération européenne des syndicats.

Par ailleurs, des membres qualifiés, des personnes physiques possédant une compétence ou une expérience spécifique en matière de finance, de réglementation financière, de gestion des organisations ont adhéré, entre autres, Stéphany Griffith-Jones, de l'université de Colombia, auteure de plusieurs ouvrages avec le prix Nobel Joseph Stiglitz, et d'anciens professionnels de la finance comme Philippe Loumeau, ancien dirigeant de la bourse de Montréal,

Finance Watch devrait se doter d'un secrétaire général, Thierry Philipponnat. Cet ancien membre de la direction d'Amnesty International France affiche un CV de spécialiste des produits financiers complexes. Il a travaillé dans une vie antérieure à la City de Londres et à Paris, notamment pour la banque suisse USB ou BNP Paribas.

Par ailleurs, l'organisation a reçu le parrainage de Jürgen Habermas, l'un des plus grands philosophes européens, ainsi que la caution d'Adam Michnick, journaliste, polonais, historien et directeur de publication de la Gazeta Wyborcza, ancien dissident durant la période stalinienne qu'à traverser son pays, et d'Ulrich Beck, sociologue allemand. Dès la rentrée, Finance Watch fera entendre sa voix à Bruxelles et au Parlement Européen.

Jean-Paul BIOLLUZ

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