| | Societe d'affacturage, Financement affacturage | Affacturage | Actualité Affacturage - Finance | Un secteur non marchand pour consolider l’économie centrafricaine



Un secteur non marchand pour consolider l’économie centrafricaine

Taille de la police: Decrease font Enlarge font

C’est ce que préconise en substance Francis Kopayé pour la consolidation de l’économie centrafricaine.

Un secteur non marchand pour consolider l’économie centrafricaine
Centrafrique : Nécessité de renforcer la structure économique par un secteur « Non Marchand » significatif !

A l’heure où de nombreuses interrogations sont axées sur la promotion et le développement du secteur privé, avec un accent particulier sur l’encouragement des initiatives privées (création de micros entreprises), il me paraît nécessaire de proposer le renforcement du secteur « Non Marchand » en Centrafrique ; un secteur nécessaire à l’équilibre du système économique et social.

En effet, la structure économique centrafricaine est dominée à plus de 80% par des entités commerciales. Cette ossature est, malgré tout, paradoxalement fragilisante. Car l’aspect ou l’objectif « social » du système économique ne présente pas une garantie effectivement solide.

La réflexion qui va suivre n’a pas pour ambition de remettre en question l’incitation ou le développement du secteur privé, bien au contraire. Elle a simplement pour but de relever les points de vigilance d’une telle « politique » ou « orientation » et de proposer un piste complémentaire.

De quoi s’agit-t-il concrètement ?

L’existence prépondérante d’entités commerciales dans un tissu économique aussi déficitaire et dépendant tel que le nôtre, peut présenter des points de faiblesse notoires. Il ne serait pas vain de rappeler ici que toute la politique marketing d’une entreprise commerciale dans son environnement, est axée sur le profit. D’aucuns me diront que n’est-ce pas le but recherché de toute entreprise. Il faut faire la part des choses lorsqu’on se situe dans une structure économique et sociale comme celle de la Centrafrique où deux éléments viennent mettre en exergue la fragilité de celle-ci : la faiblesse du pouvoir d’achat et l’absence de l’Etat dans l’investissement des entreprises présentes sur ses bassins d’emploi.

A ce propos, l’exemple des établissements bancaires est édifiant !!! En Centrafrique les établissements bancaires sont majoritairement voire entièrement commerciaux et dépendent d’autres établissements basés à l’étranger. Cela implique pour ces derniers de concevoir des stratégies marketing non pas seulement liées aux exigences de leur environnement économique et social mais surtout aux orientations liées au chiffre d’affaire et aux principes généraux (les valeurs, les philosophies…) des « Maisons mères ».

Dès lors, le principe de départ qui est celui de proposer l’offre en conséquence de la demande, peut être largement biaisé. Car ces opérateurs économiques s’intéresseront, de manière implicite, aux marges bénéficiaires éventuelles plus qu’à la contribution au maintien, à la pérennisation et au développement du paysage économique. Comme évoqué plus haut, la réflexion ici souhaite attirer l’attention sur la faiblesse de la structure économique centrafricaine. Personne n’est sans ignorer qu’une faillite a des conséquences néfastes et significatives sur la structure sociale et fiscale d’un pays, d’un bassin d’emploi.

Les deux éléments précités c'est-à-dire la faiblesse du pouvoir d’achat et l’absence de l’Etat dans l’investissement des entreprises privées, fragilisent non seulement le développement du bassin économique, donc de l’emploi (appauvrissement du paysage économique), mais aussi excluent ou fragilisent les garanties nécessaires à la stabilisation du tissu social.

En d’autres termes, la forte dominance d’entreprises privées dans une structure économique nécessite pour l’Etat une vigilance accrue et une politique de contrôle et de régulation des investissements économiques sur son territoire. Pour palier à ce schéma moins bénéfique, il faut susciter, de manière stratégique, l’existence d’un autre secteur qualifié de « Non Marchand ». Il faudrait sans doute penser dès lors à intégrer des Association, des Coopératives, des ONG et d’autres organisations privées, à but non lucratif, dans le paysage économique. Celles-ci viendront composer ce secteur « Non Marchand » et renforceront ainsi la structure économique.

Car le secteur « Non Marchand », dans une structure économique, joue un rôle d’interface ou de sas. Par sa présence et son importance, ce secteur va générer des emplois donc contribuer à l’existence d’agents économiques réels. Le secteur « Non Marchand », de part sa vocation et ses statuts va autoréguler ou équilibrer la structure économique. L’exemple du Burkina Faso est l’illustration de la démarche que je tente d’expliquer. Les associations, les ONG qui bénéficient naturellement des subventionnements vont, naturellement, s’imposer comme un contre pouvoir à l’hégémonie du secteur « Marchand », et se définir ainsi comme une forme d’autorégulateur ou d’auto contrôleur du système économique. On pourrait aisément penser que l’équilibre de la structure économique de notre pays la Centrafrique passerait nécessairement par l’existence aussi forte, si non plus, d’un secteur « Non Marchand », avec des valeurs qui sont basées sur l’équilibre social et/ou sociétal plutôt qu’économique (le profit).

L’Etat doit penser une politique qui irait dans ce sens. Celle-ci lui permettrait d’assurer ou de favoriser l’autorégulation de sa structure économique et, contribuer ainsi à la pérennisation des activités économiques sur le territoire, par la même occasion, garantir des emplois et dynamiser, si possible, le bassin économique.

Comme chacun pourrait le noter, l’intervention de l’Etat et d’autres institutions internationales en terme structurel et financier apparaît, à l’heure actuelle, comme l’une des nombreuses réponses aux questions relatives à la politique du développement du secteur privé, donc de l’emploi en Centrafrique. A cela, il conviendrait d’ajouter des dispositifs adaptés aux réalités économiques et sociales. En guise d’exemple, les établissements financiers actuels, à travers leur mission qui est de financer l’économie et d‘irriguer le système économique, ne sauraient offrir un cadre adapté et pertinent à cette nécessité de promouvoir davantage les initiatives privées. Je ne doute pas que des efforts sont faits dans ce sens mais ils demeurent, à mon avis, insuffisants. Il est urgent, à l’exemple d’autres pays, que la Centrafrique se dote d’un outil qui faciliterait ce processus : la Micro Finance, notamment l’un de ses produits le Micro Crédit, par exemple.

L’industrialisation de la Centrafrique ne sera pas pour les 10 années à venir (sans pessimisme de ma part). Il faut donc investir, de manière significative, le secteur « Non Marchand » qui a déjà prouvé son impact sur le développement économique et social de beaucoup de pays dans le monde, notamment en Afrique.

Si non, comment mobiliser et concrétiser les projets de créations d’entreprises sans doter le système économique de dispositifs réglementaires et financiers adaptés aux profils et aux besoins des populations et favoriser ainsi un équilibre économique structurel?



Francis KOPAYE


Ajouter à: Add to your del.icio.us del.icio.us | Digg this story Digg

Notes
Pas de note pour cet article