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Sommet de la Cémac : rien ne justifiait le remplacement du président de la BDEAC

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Les principaux responsables de la Communauté économique et monétaire des Etats d'Afrique centrale (Cémac) réunis en sommet à Bangui du 16 au 17 janvier ont désigné un Gabonais, Michael Andonde en remplacement du Centrafricain Georges Anicet Dologuélé, comme président de la Banque des Etats d'Afrique centrale (BDEAC).

Cette nomination met un terme à un accord entre les six États membres de la Cémac qui, depuis 1973, attribuaient les postes importants des différentes institutions aux ressortissants de chaque pays. Désormais, le consensus dit de Fort-Lamy (actuel N’Djamena) cède la place au principe dit de « rotation » entre les États.

Il faut donc revenir sur le curieux déroulement de ce sommet et en tirer toutes les conclusions qui s’imposent :

Disons-le tout net, en perdant la présidence de la BEAC avec le remplacement de son compatriote Philibert Andzémbé par un Équato-guinéen Lucas Abaga Nchama, le président Ali Bongo, vient d’essuyer le premier vrai revers de son quinquennat. Cet échec, il n’ya pas d’autre mot, remet en cause à postériori, le leadership qu'exerçait son paternel Omar Bongo dans la sous région et traduit dans les faits le rapport exécrable qu’il entretient avec son voisin et frère-ennemi de Guinée Équatoriale. Il met ensuite en évidence le souhait des présidents Paul Biya et Obiang Nguéma de jouer les chefs de file en Afrique centrale.

En revanche, le départ forcé du président de la Banque de développement des États de l’Afrique centrale à quelques mois de la fin de son mandat semble être dicté par d’obscures manœuvres. Cette mise à l’écart du Centrafricain Georges Anicet Dologuélé alors que le sommet se tenait chez lui est d’autant plus surprenante que quarante huit heures avant la réunion des chefs d’États, tous les actionnaires (les États membres, la BEAC, la BAD et la France) de la BDEAC ont renouvelé leur confiance à ce dernier.

Ces actionnaires que l’on ne peut soupçonner de favoritisme à l’égard de Dologuélé ont, par le biais des ministres de finances de l’ensemble des États membres, y compris celui de la Centrafrique, Albert Besse qui convoitait la présidence de la Banque, adressé selon nos informations, une lettre à leur homologue autrichien pour le sommer de contraindre la banque autrichienne AUSTRIA à rembourser les fonds de la BDEAC qu’elle a frauduleusement placé auprès de l’escroc Madoff.

Toujours selon nos informations, à l’ouverture de la réunion des chefs d’États, Georges Anicet Dologuélé a présenté le rapport d’activité de sa banque sans qu’aucun chef d’État ne l’interpelle sur sa gestion. Les président de la république seraient par contre étonné de la lenteur prise par la BEAC à honorer ses engagements en vue de permettre à la BDEAC dont le capital a été porté à 250 milliards de CFA à financer les projets de développement de la sous région.

Autant dire qu’aucun signe ne laissait penser à un profond bouleversement à la direction de la BDEAC. Mais les règles de gestion orthodoxe et le bon sens ne vont souvent pas de pairs avec les agendas cachés dictés par des intérêts claniques et tribaux, doublés d’incompétence notoire et d’inconsistance avérée. C'est du moins ce que l'on peut dire.

À en croire plusieurs sources concordantes, le huis clos des chefs d’États a failli tourner en une foire aux empoignades à cause d’une mauvaise police de débat assurée par le président en exercice sortant de la Cémac qui n’est autre que François Bozizé.

Il est rapporté que la rencontre de Bangui a été sans doute la plus calamiteuse de l’histoire de l’institution et elle a laissé un goût très amer à la quasi-totalité des participants, à l’exception du grand gagnant Obiang Nguéma et du président Sassou Nguéssou qui a réussi à ravir au Tchad de Deby, le siège de la nouvelle compagnie aérienne de la Cémac que réclamait pourtant l’ogre de N’Djamena.

Au final, l’inconsistance et la légèreté du président centrafricain n’auront servi qu’au président Ali Bongo du Gabon. Selon des informations qui ont pu filtrer du huis clos des présidents, juste après l’obtention par la Guinée Équatoriale du perchoir de la BEAC, François Bozizé, à la surprise de ses homologues, aurait sorti les trois noms de ses candidats pour le remplacement de Dologuélé. Saisissant la balle au bond, puisqu’il est désormais question de remettre en jeu la présidence de la BDEAC, Ali Bongo aurait réclamé sur le champ le poste en guise de consolation et pour laver l’affront: ses compatriotes floués l'attendaient derrière la porte de la salle de réunion.

Étant acculé par des dossiers pendants, notamment le désormais affaire Charles Massi, François Bozizé n’aurait rien dit, sacrifiant son compatriote qui a pourtant abattu un travail considérable pour sauver la BDEAC de la banque route ainsi que les intérêts de son pays, sur l’autel de sa tranquillité.

C’est dire que malgré un bilan salué par l’ensemble de la profession, Dologuélé, qui est presque en fin de mandat s’est vu contraint de partir. Or, il y’a près de dix ans en arrière, personne ne voulait du cadeau empoisonné qu’était la BDEAC. C’était une véritable gageure d’accepter cette difficile mission de restructuration de la banque.

L’émotion et l’incompréhension qui ont suivi l’annonce de cette décision saugrenue des chefs d’États de la Cémac, traduisent le profond malaise et un sentiment de gâchis ressentis chez les spécialistes du secteur.



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